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Regards d'ici
26. mai
2015
La Place Publique
2

La crise des 3 E – ça nous connaît au Bénin !

Au Bénin, comme dans la plupart des pays africains, nous sommes fortement dépendants de l’extérieur. Notre riz par exemple, ne cherchez pas loin; il vient tout simplement de l’Orient (Népal, Chine, Thaïlande). Nos vêtements, meubles, voitures, et autres biens, viennent de tout aussi bien de la Chine, du vieux continent que du nouveau Monde. Mais, quand nous en parlons et que nous nous plaignons, nos grands frères qui nous dirigent font la sourde oreille. C’est à se demander si ce que nous faisons au Bénin ne mérite pas d’être valorisé. Longtemps, très longtemps même, nous leur avons demandé de cultiver le label ‘’Made in Bénin‘’ pas seulement pour les autres, mais d’abord et surtout pour nous. Notre dépendance est tellement forte qu’une petite inondation en Asie a une incidence financière sur le riz que nous consommons au 229. Mais, la situation que nous vivons aujourd’hui sur la terre de Gbèhanzin, dépasse tout entendement.

Depuis plusieurs semaines maintenant, mon cher pays le Bénin fait face à une crise qui ne dit pas son nom. Cette crise, moi je l’appelle  »la crise des 3 E : Essence – Electricité – Eau ». Depuis l’arrivée de Muhammadu Buhari au pouvoir au pays du Biafra, l’essence a pris un coût. Le prix du litre à la station n’a pas changé, mais étant donné que la plupart des Béninois sont abonnés à l’essence ‘’Kpayô‘’, c’est là que nous ressentons cette flambée. Le litre qui y était à 400 fcfa, se retrouve en quelques jours à 650 fcfa. Et là encore, c’est quand le vendeur est clément pour ne pas pratiquer les prix de ses concurrents (700 fcfa, voire parfois même 750fcfa). Face à cette situation, les quelques stations-services qui existent dans les grandes villes comme Cotonou et Porto-Novo sont très vite prises d’assaut et les files d’attente pour s’approvisionner ne font que s’allonger. Et dans cette psychose générale, au niveau de la SONACOP (Société Nationale de Commercialisation des Produits Pétroliers), celle-là même qui est chargée officiellement de nous approvisionner, c’est un silence de cimetière lorsque vous passez devant à minuit. Aucune station-service de l’instance nationale ne fonctionne.

Un autre point, celui de l’électricité. Ici encore, nous y sommes très dépendants. Au moins cette fois, ce n’est pas avec le Nigéria, mais plutôt avec le Togo et le Ghana. La CEB (Communauté Electrique du Bénin) nous a toujours démontré que nos divers contrats de fourniture de l’électricité avec nos voisins de l’ouest ne tiennent qu’à un bout de fil. Pourtant, nous avons une centrale électrique qui devrait nous soulager, mais cette dernière n’arrive même pas à alimenter le quartier dans lequel il est implanté. Quelle ironie du sort ! Avant, pour permettre à tous de pouvoir au moins avoir de l’électricité pendant les périodes de délestage, la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique) donnait des indications relatives aux heures de coupures journalières d’une zone à une autre. Mais cette année, elle a pris la ferme résolution de couper ‘’le jus‘’ sans préavis. Ce n’est que quand tu as un groupe électrogène que tu peux te taguer d’être loti à une meilleure enseigne. Et malgré toutes ces coupures, la facture mensuelle reste toujours salée.

Non loin de l’électricité, l’eau aussi dicte sa loi au peuple béninois. Ici au moins, la SONEB (Société Nationale des Eaux du Bénin) ne nous fait pas autant souffrir que sa consœur. On comprend que les travaux d’extension et de réhabilitation du réseau d’eau potable nécessitent des coupures de temps à autre, mais de là à nous priver d’eau pendant des jours, ce n’est pas du tout sérieux. A Cocotomey où je vis par exemple (à 15 kilomètres de Cotonou), les coupures d’eau sont tellement fréquentes qu’il nous arrive de ne pas avoir de l’eau potable une semaine entière. Heureusement dans certains foyers, les forages et les puits prennent le relais. C’est à croire que tout est fait pour irriter le pauvre contribuable béninois.

Combien de temps cela va encore durer ? J’aimerais bien que mon bon papa vienne me répondre. Avec son tout nouveau slogan de propagande, le ‘’Yinwè‘’, on pensait qu’il avait des solutions, mais visiblement c’est silence radio ; lui-même ne sait vraiment plus à quel saint se vouer. Au moins, ces situations nous auraient servi de leçon : le #Yinwè, n’est pas venu pour nous sauver comme Jésus Christ il y a 2000 ans.

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18. mai
2015
Art & Culture
3

Ce football pour lequel, gamins, nous étions passionnés !

Le football, comme vous le savez, est une religion dans le monde d’aujourd’hui. Ne me demandez pas qui en est le prophète, je ne saurais le dire, tellement ils sont nombreux. En Afrique, et surtout au Bénin, depuis notre plus jeune âge, nous pratiquons un football bien particulier. Si particulier, que l’idée de créer une fédération internationale du football de rue nous avait frôlé l’esprit. Oui, nous retrouvions entre nous, gamins, des Jay-Jay Okocha, des Zinedine Zidane, des Roger Milla,  et que sais-je encore…. Nous étions en effet, en quête de reconnaissance de cette manière de jouer, si descriptive de l’enfance africaine. Pour cela, nous avions décidé d’édifier à l’instar de la FIFA, les règles de notre football enfantin. Et ces règles, elles ne sont que treize. Laissez-moi vous les présenter.

1- Le gros est toujours le gardien. Car dans notre esprit d’enfant, plus tu parais gros, plus tu es apte à remplir le goal.

2- Le match se termine uniquement si tous les joueurs sont fatigués (sauf règle 6).

3- Peu importe le score, l’équipe le dernier but remporte le match.

4- Il n’y a pas d’arbitre. En fait, tout le monde est arbitre.

5- Il y a de faute que si la faute est grave.Pour siffler une faute, il suffit que deux à trois joueurs reconnaissent vraiment la faute, et le tour est joué.

6- Si le propriétaire du ballon se fâche, le match est terminé. (La plus importante de toutes les règles).

7- Les 2 meilleurs joueurs reconnus par tous ne peuvent pas jouer dans la même équipe. Ce sont donc d’office les capitaines des deux formations et alors, chacun choisit ses joueurs.

8- Si tu es choisi en dernier, c’est une humiliation (tu es donc le plus mauvais joueur).

9- S’il y a penalty, le gardien est remplacé par le meilleur joueur de l’équipe.

10- Quand le ballon sort des limites du jeu pour une destination lointaine, c’est le frappeur qui va chercher le ballon.(Il n’y a donc pas quelqu’un de préposé aux relances sur les touches).

11- Le meilleur joueur sur le terrain est toujours dans la même équipe que le propriétaire de la balle, sinon on arrête tout.

12- Pour débuter un match, on disait toujours « priiiiiiiii,que le match commence ! ».

13- Pour distinguer les membres de chaque équipe, une équipe devrait jouer le torse nu.

Ah, quelle est loin derrière nous cette période de la vie ! Et pourtant, on se rappelle d’elle comme si c’était hier. Que ne donnerions-nous pas pour revivre ces moments de joies immenses ! Football enfantin, quand tu nous tiens !

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05. mai
2015
La Place Publique
5

Je viens de cette époque !

Je n’ai que 24 ans, mais mes yeux ont vu beaucoup de choses ! Tournant comme une roue, le monde change à un rythme infernal, laissant derrière lui, joies et peines. Moi, je viens de cette époque où des hommes, des femmes, des événements ont marqué de leurs empreintes indélébiles, l’histoire de l’humanité, notre histoire.

Je viens de cette époque où le terrorisme a été très présent avec les attentats du World Trade Center, celles de Madrid, de Tripoli, de Tokyo et du Moyen-Orient, avec les mouvements tels que l’ETA, l’Al-Nosra, le Hezbollah, Al-Qaïda (et toutes ses branches), et tout récemment encore, Boko Haram, qui ont fait couler le sang de pauvres populations à travers le monde à cause d’intérêts égoïstes.

Je viens de cette époque, où des maladies comme Ebola, le Chikungunya, la Grippe aviaire et autres se sont faites remarqués, montrant l’insuffisance des moyens humains à lutter pour la survie de notre espèce.

Je viens de cette époque qui a connu de grands Hommes. J’ai vu Nelson Mandela devenir Président de l’Afrique du Sud après 27 ans de prison ; j’ai connu Mère Théresa, la bienheureuse et Saint Jean-Paul II, mes frères religieux ; j’ai connu les génies Bill Gates, Steve Jobs, Tim Berners-Lee et Marc Zuckerberg ; je suis un cousin très éloigné de Michaël Jackson, de Madonna, des Destiny Child, de Benazir Bhutto, d’Ariel Sharon, de Fidel Castro, de Yasser Arafat, d’Oussama Ben Laden, de Saddam Hussein, de Mohamed Kadhafi et surtout de Boni Yayi.

Même si je n’ai pas vu la chute du Mur de Berlin, je viens quand même de cette époque où mes frères de l’Arc-en-ciel ont trouvé un semblant de paix avec la fin de l’apartheid ; j’ai vu l’URSS se disloquer, la guerre du golfe, le génocide rwandais et tout récemment celui du darfour. J’ai surpris la France remporter le mondial de football, et j’ai vu le 1er mulâtre-américain siéger à la maison blanche.

Je viens aussi de cette époque qui a connu la crise des subprimes, la chute de beaucoup de marchés boursiers, le typhon Haiyan, le tsunami de 2004, et surtout les gigantesques tremblements de terres d’Haïti de 2010 et de 2015 au Népal.

Je viens de cette époque que j’appelle « la génération digitale », où les tous petits enfants, à peine à l’âge de marcher, manipulent déjà des smartphones de dernière génération.

Je viens de cette époque où la liberté d’expression n’est pas une réalité dans beaucoup de pays, et où activistes sociaux, journalistes, écrivains, et blogueurs, sont persécutés et pourchassés à travers le monde. Je viens de cette époque où la paix n’existe que dans les expressions verbales.

J’aimerais être de cette époque où, comme le disaient mes frères de 113 et Blacko, « j’lâcherai pas l’affaire, non je ne baisserai pas les bras ; j’y croirai dur comme fer même quand mon cœur s’arrêtera (…) pour que la paix puisse embrasser ce monde juste un jour ».

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21. avril
2015
La Place Publique
4

Élections au Bénin: pourquoi je ne suis pas sûr de voter le 26 Avril prochain !

Le dimanche 26 Avril prochain, le peuple béninois se rendra aux urnes pour choisir ses représentants au parlement. Pour de nombreux candidats, la campagne pour les législatives a déjà commencé et bat activement son plein. Meeting, porte-à-porte, bus de campagne, affiches publicitaires, tout est mis en place pour recueillir les voix des citoyens. Du côté du partage des cartes d’électeurs, avec le cadeau de mon bon papa (qui a décrété la journée du lundi 20 avril, « Journée de la citoyenneté« , chômée et payée), ce n’est pas encore vraiment ça.

D’emblée, je dirai que beaucoup d’électeurs béninois auront du mal à exprimer leur droit de vote lors des élections qui auront lieu en fin de semaine. De nombreuses erreurs, commises sur les cartes d’électeurs (qui franchement en apparence, démontrent une fois de plus l’amateurisme des autorités béninoises), seront à la base de la non-autorisation d’accès aux centres de vote pour de nombreux citoyens. En effet, si je prends mon cas, je ne suis pas sûr de voter le 26 avril prochain. Pas que je n’en ai pas envie. Loin de là, j’aimerais bien accomplir mon devoir civique, et j’ai déjà une idée assez claire du parti politique auquel j’accorderai ma voix. Mais, je ne pourrais pas voter tout simplement parce que dans le fichier national des électeurs de mon cher pays le Bénin, je suis une femme. Je suis donc en train de me rapprocher du même scénario que de celui des élections présidentielles de 2011, où je n’ai pas pu voter pour la même raison. A l’instant où j’ai pris le fameux sésame (pas si précieux que ça en réalité), j’ai tout de suite procédé à la vérification des informations inscrites. Et c’était donc à ma grande surprise que j’ai constaté l’inscription ‘’Féminin‘’ devant mon sexe. Une petite analyse rapide de la situation, m’a conduit à conclure que c’est toujours avec la même ‘’fameuse‘’ Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) que nous irons une fois de plus aux élections. La LEPI du K.O. Comme moi, ce sera le cas de nombreuses personnes, qui pour certains, en lieu et place du sexe qui sera interverti, ce seraient un prénom, un lieu de naissance, ou peut-être même ta nationalité qui seraient mal écrit.

Et pourtant de nombreuses commissions ont été mises en place pour corriger cette liste-là. Qu’ont-elles fait comme travail ces commissions ? Dans de nombreux lieux de retraits des cartes, beaucoup de personnes n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes d’émargement de retrait mais ont des cartes d’électeurs en leurs noms, d’autres par contre n’ont pas retrouvé leurs cartes malgré que leurs noms figurent sur cette liste électorale permanente informatisée, tant d’opportunités de fraudes électorales. Cela prouve encore une fois que le Bénin est un pays où le dilettantisme est le véritable mot d’ordre.

Quel développement pouvons-nous espérer dans de pareilles circonstances ?

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16. avril
2015
La Place Publique
0

Électorales béninoises : Quand la campagne devient source d’accidents !

Il n’est pas rare, je dirai même qu’il est très coutume chez nous au 229, d’assister à des scènes incroyables durant les périodes électorales. Entre le porte-à-porte des candidats et le partage de sac de riz sur la place du village, tous les moyens sont bons pour demander le vote des populations. Mais quand la période de campagne devient source d’accidents de circulation, c’est une autre affaire. Dans les grandes villes comme Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi et autres, tous les emplacements sont idéals pour placarder les affiches des futurs élus du peuple. Troncs d’arbres, véhicules roulants, espaces publics, panneaux publicitaires, murs de maisons. Tout y passe, ne laissant nulle place où les affiches ne passent et repassent. Mais le plus surprenant dans cette situation, c’est surtout les panneaux de signalisation et les feux tricolores qui sont mis à contribution pour la campagne électorale.

La prochaine fois que vous vous arrêteriez à un carrefour ou sur une grande artère, jetez un coup d’œil rapide sur les panneaux de signalisation à Cotonou. Vous trouverez au moins une ou deux affiches qui vous empêcheront de voir la couleur du feu de signalisation. Surtout encore que la moitié des feux tricolores de Cotonou ne fonctionnent pas (ça c’est un autre débat que nous mènerons plus tard), ce sont les visages toujours souriants des candidats (pourquoi ? je me le demande) qui vous répondront. Lorsque les feux et les panneaux de signalisations sont inexistants, c’est de nombreux cas d’accidents de circulation que nous enregistrons. Maintenant si ces derniers sont disponibles et qu’ils sont détournés, le résultat ne peut guère être différent. Et c’est ce que nous voulons éviter.

S’il est vrai que l’un des principes de la démocratie, c’est la tenue d’élections libres et transparentes et tout ce qui va avec, ce n’est pourtant pas une raison valable pour utiliser les biens publics à des fins personnelles sous prétexte qu’on bat campagne. Parce que pour moi, badigeonner les feux tricolores et autres objets publics, c’est détourner le bien public à des fins personnelles, des fins de propagande. Ces nombreux feux et panneaux de signalisations ont été conçus pour contribuer à la sécurité des citoyens. Mais malheureusement, ils sont de plus en plus utilisés pour mettre en péril la vie des pauvres citoyens, une vie qui n’a pas de prix. Les autorités administratives doivent prendre leurs responsabilités pour réglementer d’une certaine manière l’utilisation des moyens publicitaires aux fins de campagnes électorales par des arrêtés municipaux. Parce que de toutes les manières, la vie humaine est plus importante que des élections. A bon entendeur, salut !

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07. avril
2015
La Place Publique
10

Lettre d’un fils mécontent à son père !

Mon cher papa (tel tu nous l’as appris), avec mon plus profond respect, je me permets le « tu », puisque j’estime que nous nous connaissons il y a un moment maintenant. Je ne sais vraiment par où commencer tant il y a de choses que je dois te dire. Mais je vais faire bref, car je sais que les affaires de l’Etat te réclament.

Il a près d’une décennie maintenant, tu es entré dans nos vies. Sans te mentir, nous ne te connaissions pas, et tu étais venu sans nous avertir, mais nous (mes autres frères, sœurs, oncles, tantes, cousines, grands-parents…et moi) avions accepté de te recevoir. Tu étais venu à un moment crucial de notre existence, et puisque nous avions décidé de rompre avec un certain système, nous t’avions reçu à bras ouverts. Nous avions cru que tu serais ce Messie, qui comme le Christ, nous délivrerait des mains du mal. Mais visiblement, nous nous étions trompés.

Tu sais, lorsque j’ai eu mes 18 ans, ma mère (biologique) m’a donné 3 précieux conseils. Elle m’a dit ceci. Fiston, te voilà arrivé à l’âge de la maturité légale. A partir de cet instant, sache que tous que les pas que tu poseras, doivent concourir à ton honneur, et à travers toi, à notre honneur. Je sais que tu veux être heureux. Et pour cela, tu dois éviter: 1) à tout prix, d’’épouser deux femmes et plus (çà, elle y tient plus que tout), 2) de te mêler à des affaires douteuses, et 3) de faire de la politique (car pour ma mère, la politique, c’’est pour les personnes sans foi ni loi). Mais ce qu’’elle a oublié, c’’est qu’’on peut faire de la politique sans être politicien. Je n’’ai pas d’’appartenance politique, je ne participe à aucun mouvement ou rencontre politiques, je ne suis candidat à rien (comme tu l’’avais dit entre-temps), mais je suis un homo politikos, dans la mesure où la politique que je fais, est celle de dire ce que je pense pour le bien de la cité, pour une bonne gestion de la chose publique.

Tu sais, mon bon papa, nous avons placé en toi notre salut. Tu l’’avais dit toi-même que tu étais l’’intrus qui connaissait la maison. Tu nous avais même fait de nombreuses promesses que tu n’’as plus respectées une fois que nous t’’avions fait confiance. Tu avais dit que tu ne composerais avec aucun de nos anciens oncles et tantes qui avaient travaillé avec tes prédécesseurs, mais aujourd’hui’ nous avons vu que tu n’’as pas vraiment tenu parole. Tu n’’as pas su t’’entourer des personnes qu’’il fallait. Nombreux sont tes projets qui sont morts avant même d’’avoir été lancés. Beaucoup au sein de ton entourage t’’ont mal conseillé. Mais devant ton peuple, c’est toi qui escoupable, car comme le dit le proverbe, il n’’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Tu n’’as pas su te débarrasser de l’’ivraie et il a contaminé le bon grain.

Cher bon papa, en tant que fils d’’anciens paysans, je pensais que tu aurais pu savoir les véritables problèmes dont souffrait notre agriculture, mais apparemment ça n’a pas été toujours le cas. La majorité de tes politiques agricoles ont échoué parce qu’’elles n’ont pas véritablement pris en compte tous les paramètres propres à notre pays. Toi-même en tant qu’’économiste, tu sais que notre port est la principale source d’’entrée de devises dans notre pays, mais à vouloir tout contrôler, le port a été asphyxié par les nombreuses mauvaises décisions que tes fidèles compagnons t’’ont amené à prendre. Tu as lancé de nombreux chantiers qui au final ont donné raison au proverbe ‘’ »Qui embrasse trop, mal étreint »‘’. Puis, tu es venu voir les femmes avec la litanie du « Vous êtes belles », ce qui t’’a encore permis d’’avoir leurs votes pour le premier K.O historique dans l’’histoire électorale notre pays. Il y a eu beaucoup d’’autres situations, d’’autres épisodes dans de nombreux autres secteurs qui franchement, te font apparaître comme le loup dans ‘’Le petit chaperon rouge‘’.

Je ne dirai pas que tout ce que tu as fait pour nous est mauvais. Loin de là. Tu nous as permis d’’avoir deux toboggans géants dans Cotonou, des routes à ne pas en finir dans tout le pays, de nombreuses écoles et centres de santé construits notamment par le génie militaire, de nombreux centres universitaires un peu partout dans le pays, le Régime d’’assurance maladie universelle (même s’’il n’’a pas encore véritablement fait ses preuves), le Projet village du millénaire (avec Banikoara comme ville-pilote), le milliard culturel, le microcrédit aux plus pauvres avec le Fonds national de la microfinance, l’électrification rurale, l’emploi des jeunes avec le FNPEEJ et l’ANPE, la relance du trafic ferroviaire, l’aménagement du territoire, et beaucoup d’‘autres réalisations avec l’’aide de nos amis africains, français, américains, russes, et bien sûr chinois.

Mais, mon bon papa, le devoir d’’un fils envers son père est de toujours lui dire quand ça ne va pas pour qu’’il puisse redresser le tir. C’’est pour cette raison que je t’’écris cette lettre; juste pour te dire que tu nous as beaucoup déçus. Aucun de tes prédécesseurs n’’a jamais autant trahi notre confiance. Mais, comme mes autres frères et moi sommes assez pacifiques, nous ne t’’en tiendrons pas rigueur. Le vin est tiré, il faut le boire. Et ce vin, on le buvait depuis exactement neuf ans maintenant. Aujourd’hui, 6 avril 2015, il te reste un an. Le seul conseil que je puisse te donner, avec mon plus profond respect, et toute ma déférence pour que tu puisses marquer l’’histoire de notre pays à tout jamais, c’’est de passer la main au soir du 6 avril 2016. Fais-le et tu gagneras plus que jamais le cœur de tous tes bons enfants que nous sommes car tu auras contribué à la sauvegarde des acquis de notre démocratie, ce que nous n’oublierons jamais, je peux te le promettre.

Cher bon papa, je te remercie !

Ton fils (mécontent) !

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31. mars
2015
La Place Publique
5

Ces comportements qui font de nous de véritables béninois

Bonsoir chers tous ! Je reviens vers vous cet après-midi pour vous présenter quelques comportements qui nous singularisent le béninois. Eh oui, même si nous partageons beaucoup de choses avec nos frères africains, il y a un certain nombre de choses que nous faisons (que nous nous en rendions compte ou non) et qui nous caractérisent (généralement dans le mauvais sens).

Proférer des injures en circulation alors que c’est lui le fautif. Il y a quelques mois de ça, j’ai fait un tour chez nos frères du nord, au pays de Michel Kafando. Et franchement, ce que j’ai pu remarquer lors d’une altercation en circulation entre deux burkinabés, c’est totalement contraire à ce qui se passe chez moi au 229. Ici au Bénin, bien que ce soit lui le fautif, attends toi dans les 75% des cas à te faire remonter les bretelles. En deux temps trois mouvements, les towéyomin – nontwéyomin – adogandjia (injures en langue vernaculaire fon) ont déjà fait irruption dans la conversation. Au lieu de chercher à juste s’excuser d’avoir commis une faute, le béninois s’érige rapidement en victime et les arguments (quoique injustifiés) ne tardent pas à sortir pour te montrer que c’est plutôt toi qui a mal conduit.

 S’agglutiner autour de victimes d’accident, mais pas pour les aider ou appeler une ambulance. Si c’est vrai que le béninois et un modèle type de solidarité, il n’est pas tout le temps confirmé qu’il répond vraiment au type de l’homme-assistant à personne en danger. Si vous avez la malchance de perdre connaissance 2 à 3 minutes lors d’un accident, sachez que dans 8 cas sur 10, vous allez perdre soit votre téléphone portable, soit votre porte-monnaie, et des fois même les deux. Impossible de savoir qui vous a dépouillé dans une foule de près de 50 personnes qui s’est formée en moins de 2 minutes. Et si au moins, c’était pour vous aider, cela n’aurait pas été bien ? Non, c’est plutôt pour vous accuser à tort surtout quand ce n’est pas vous le fautif. Et les interprétations fuseront de toutes parts (beaucoup plus de ceux qui n’ont rien suivi de la scène).

 Privilégier les liens familiaux dans l’administration. Ceci, c’est la coutume. Si vous voulez un exemple qui justifie le proverbe africain ‘’L’on ne mange pas des pommes vertes quand on a un parent sur le pommier ‘’, ne cherchez pas trop. Prenez un aller simple pour le Bénin. Ici, c’est la règle. Des nombreuses tares de l’administration béninoise, la politique du « c’est mon frère », est la plus énervante. On se demande si la notion de l’intérêt général est toujours le mot d’ordre dans l’administration béninoise.

 Précipiter la mort des gens. Il n’y a pas deux champions au monde que les béninois dans ce domaine. Faire circuler des rumeurs non fondées, c’est le quotidien et le propre des béninois. Surtout avec les réseaux sociaux qui pullulent aujourd’hui sur la toile. Et pour preuve, à peine ai-je débuté la rédaction de ce billet que j’ai reçu sur mon smartphone un SMS m’informant qu’un ancien homme d’Etat béninois est passé de vie à trépas. Rumeur rapidement démentie par le fils de ce dernier.

 Ces quelques comportements sont tellement ancrés dans nos habitudes que nous ne voyons pas qu’elles nous déshonorent pour essayer de nous en débarrasser. Certes, l’homo béninus n’est pas de nature quelqu’un dont il faut se méfier, car il y a beaucoup de béninois qui sont honnêtes et qui inspirent confiance, mais il y en a qui vont vous saper totalement le moral de par leurs comportements dépravés, preuve que le savoir-vivre n’est point la chose du monde la plus partagée.

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18. mars
2015
La Place Publique
5

Quand j’étais enfant… (Souvenirs d’enfance !)

Gamin, je rêvais… de devenir pilote d’avion. Oui, j’aimais regarder à longueur de journée, des films d’aviation devant le petit écran familial ; j’adorais contempler dans ces films, les commandants de bord et leurs magnifiques tenues. Je m’imaginais bien revêtir cette tunique et me faire appeler aussi un jour, ‘’Mon Commandant‘’.

Quand j’étais enfant, je rêvais… de devenir footballeur. J’avais la chance de suivre une fois un match des championnats européens, et de voir des joueurs comme Ryan Giggs, Paul Scholes, Steve McManaman, Luis Figo et autres gloires du football… J’étais passionné par ce sport à tel point que je m’étais offert pour mon 7e anniversaire, un maillot que je me suis empressé de mettre mon nom, ma griffe pour faire le one-man-show ballon au pied avec mes amis du quartier.

Quand j’étais enfant, je rêvais… de devenir enseignant. Quel métier existe-t-il de plus noble que celui de transmettre le savoir ? Je n’en connais pas vraiment. Mais pour moi, dans ma petite tête d’enfant, devenir un enseignant, c’était pour avoir l’occasion de tenir les enfants de tous ces maîtres et maîtresses qui m’avaient gardé et fouetté tout au long de mon cursus scolaire, pour leur rendre la pareille. Drôle de pensées quand on est gamin ! Sérieusement, qui d’entre nous n’avait pas ce genre d’idées ? Je me rappelle bien de ce jour en cours préparatoire 2e année, où après avoir fait d’énormes ratures dans mon cahier d’exercices, je fus passé à tabac. Certes, sur le moment, j’étais énervé et furieux contre mon maître, et j’avais même juré faire pareil avec ses enfants un jour. Mais, c’était sans savoir le service qu’il me rendait, cet enseignant-là. Aujourd’hui, on en rit beaucoup chaque fois que nous nous rencontrons dans la ville.

Et ce n’est pas fini. Des rêves d’enfants comme ceux-là, j’en avais plein la tête. Ce n’est que maintenant que je me rends compte que c’était beau l’enfance, et que c’était tous ces rêves, un peu fous sur les bords, qui la rendaient magique. Aujourd’hui, ayant emprunté un parcours assez différent mais tout aussi passionnant, je me retrouve à gérer l’information sous toutes ces formes, un métier que j’adore un peu plus chaque jour.

P.S: Et vous, pourquoi ne pas partager vos souvenirs d’enfance avec moi?

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11. mars
2015
La Place Publique
3

Avec mon plus grand respect, améliorez vos prestations !

Lettre ouverte à tous les patrons de banques et d’institutions financières!

S’il y a bien une chose que vous ne maîtrisez pas, c’est la notion de « Satisfaction du Client ». Tout est fait, au contraire, pour nous rebuter. Bon nombre de banques ne possèdent pas un service performant de relation avec la clientèle. Sinon, comment comprendre que chaque fois que nous nous rendons dans vos agences sur tout le territoire, c’est toujours les mêmes constats :

Premièrement, il n’y a pas de connexion. C’est vrai. Tout le monde sait qu’au Bénin, chaque fois qu’un petit bateau passe dans nos mers, notre fibre optique se casse. Ce n’est pourtant pas une raison pour entendre chaque jour que vous n’avez pas la connexion Internet. Si votre fournisseur d’accès Internet n’est pas performant, rompez votre contrat et choisissez un autre fournisseur ! Cela ne manque pas sur le marché. Et vous et moi savons pertinemment que vous avez les moyens de régler ce petit problème. Pourquoi, c’est seulement quand nous venons retirer ‘’ notre argent ‘’ qu’il n’y a pas de connexion, alors que quand c’est pour un versement, vous vous empressez de prendre notre fortune de nos mains ? Si de petites sociétés qui viennent d’être créées s’abonnent à des fournisseurs d’accès Internet via satellite, qu’attendez-vous pour suivre leurs pas ?

Et deuxièmement, un seul guichet fonctionnel alors qu’il y a trois à quatre emplacements prévus. Savez-vous que chaque année près de dix mille jeunes sont déversés sur le marché du travail et ne trouvent rien à faire ? Pour le temps que j’ai pu passer lors de mes expertises dans de nombreuses institutions, je sais que vous recevez de nombreuses demandes d’emploi et/ou de stage. Je ne vous dis pas de recruter puisque je suis sûr, vous me parlerez d’expérience professionnelle. Mais comment voulez-vous que les jeunes engrangent de l’expérience si vous ne leur donnez pas une chance d’acquérir celle-ci ? Je suis sûr que si vous en êtes arrivés là, c’est parce qu’on vous a donné votre chance. Ne continuez pas dans votre politique de deux poids deux mesures ! Mettez-les jeunes demandeurs d’emploi à l’essai et trier le bon grain de l’ivraie ! Ce sera à coup sûr, un grand apport dans la réduction du chômage tant prônée par mon bon papa.

Ne faites pas comme si vous étiez le centre du monde, chers messieurs ! Améliorez vos prestations. Quand je vais à la banque, je sais d’ores et déjà que j’ai perdu ma matinée ou ma soirée, car pour une opération d’à peine cinq minutes, c’est parti pour plus de deux heures . Si nous avons décidé de venir vous confier notre fortune, ce n’est en aucun cas parce que nous ne pouvons pas la gérer à notre manière ! Alors, je vous en conjure, revoyez votre copie !

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Ce monde: le mien, mais aussi le vôtre!

Auteur·e

L'auteur: cyprianolaw
Je suis Jean-Paul Lawson. 23 ans, passionné d’internet, de nouvelles technologies, du web 2.0 et des réseaux sociaux, de culture générale, de photographie, de musique, de cinéma et de gastronomie, de voyages et de découvertes inédits, je me suis ‘’autoproclamé‘’ « Citoyen du Monde et des Cultures », le prototype de l’homme des réseaux sociaux.

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