S’il m’avait été dit que le premier restaurant africain dans lequel je mettrai pied à Paris serait un « Welcome to Mboa« , je ne l’aurait pas cru. Et pourtant, c’est ce qui m’est arrivé ! Je suis à Paris depuis quelques jours maintenant, dans le cadre d’un programme d’échanges universitaire Erasmus (oui, je sais, vous vous direz…Oh, Béninois aime trop papier…Et puis quoi encore!), et, entre les démarches administratives et les courses pour le logement, il me fallait bien casser la croûte. Alors que je courais dans les transports en commun, entre le métro et le RER, avec mon ami Richard Patrick et son coloc (tous deux originaires du Cameroun), sur invitation de ce dernier nous nous sommes dirigés naturellement vers un resto  »K-mer ».

Mais pour ceux qui ne connaissent pas Paris, laissez-moi vous situer un peu… Si vous êtes africain et que vous venez à Paris, et si vous avez oublié quelque chose au pays… ne perdez plus votre temps à envoyer un message à la famille pour qu’ils trouvent le moyen de vous le faire expédier. Prenez juste un ticket de métro, allez sur la ligne 4 et surtout n’oubliez pas de descendre à un des trois arrêts suivants : Marcadet-poissonniers, Château Rouge ou Barbes-Rochechouart. Moi je dis hein, c’est le CTRL+C et CTRL+V de l’Afrique. Tout s’y trouve. Avant même que vous ne sortiez du souterrain du métro et du RER, l’Afrique vous accueille convenablement. Entre les rabatteurs des salons de coiffure – nigérians et congolais – et les déambulations des vendeuses de piment ou des bordelles de barrières (merci Ecclésiaste), les petits-plats sont mis dans les grands pour vous montrer toutes les couleurs de Mama Africa. [Je me demande même pourquoi les français-ci vont même en Afrique, alors que l’Afrique est chez eux! Bref, ça c’est un autre débat].

Welcome to 237…

Et donc, comme ça nous nous sommes faufilés jusqu’à un petit resto situé dans le « coin black » de Panam : le Paradis d’Afrique, l’une des adresses incontournables des compatriotes du célèbre N°9. Aussitôt arrivés, en fond sonore, passait un son de mon artiste préférée Lab’l. Après avoir lancé la commande de nos « formules », nous avons échangé sur les réalités de la vie en France, c’est alors qu’un groupe de jeunes camerounais fit son entrée dans la tanière avec un sujet qui rameuta tous les clients : le football et l’équipe des lions indomptables camerounais. Et le sujet du jour était très banal : pourquoi Christian Bassogog, meilleur joueur de la CAN 2017, n’a pas été approché par un seul club depuis la fin de la compet’ alors qu’avant même la fin des compet’ précédentes les offres affluaient déjà ? Il a été traité, entre autres, de joueur de pacotille (les camers aussi hein!), et aussi que comment un joueur aussi jeune peut aller jouer en Chine si ce n’est que pour aller chercher de l’argent… Puis après ce fut le tour de Fabrice Ondoa, la « passoire » (c’est pas moi qui l’ai dit hein), gardien titulaire de l’équipe, qui jouait en 2ème division alors qu’André Onana, son suppléant, avait joué la finale de la C3 (Ligue Europa) avec l’Ajax d’Amsterdam la même année…
Entre les expressions  »mon petit, laisse, tu n’étais pas encore né. Je vais te raconter l’histoire de Beauséjour » (je ne sais même plus à quel moment et d’où cette phrase est sortie pour apparaître dans la conversation, le travail des « formules » battait déjà fort !) et les moments de rigolades à gorge déployée ou de chamailleries entre la caissière et un des garçons de salle, c’était de vraies discussions de « bars« , l’ambiance à la Kmer comme au pays, disait mon ami Richard. Et moi de lui rétorquer, si c’est comme ça l’ambiance dans vos bars, je cours une fois aller tester et revenir !
Ce parcours Erasmus débute bien dis donc…