Lettre ouverte à tous les étrangers en partance pour le Bénin !

Cher étranger, te voilà qui t’empresses à venir dans mon beau pays, le Bénin. Mais avant que tu ne prennes la route, permets-moi de te rappeler de ne point oublier tes chaussures. Car ici, sur la terre du vodoun, s’il y a une habitude que nous avons développés depuis plusieurs années maintenant, c’est de marcher. Oh oui, nous aimons marcher au Bénin. Paraît-il que c’est hyper bon pour la santé. Il faut faire au moins 30 minutes de marche par jour, les médecins nous le conseillent à chaque consultation.Mais loin d’être un moyen pour s’assurer une bonne santé, nous avons opté pour ça au 229. Quand tout va bien, nous marchons pour dire merci. Et surtout quand tout va mal aussi, nous sortons massivement pour le démontrer. Nous ne sommes pas tous des soldats habitués constamment à marcher, mais quand même, nous faisons tout pour essayer de l’être.

Que nous soyons dans le social, la culture, l’économie, et surtout la politique, les marches sont devenues monnaie courante, une seconde habitude pour nous. Si bien qu’elles sont devenues les 75 % des titres présentés lors des différentes éditions du journal télévisé sur nos chaînes, tant privées que nationales. Depuis peu, un ami m’a ajouté à l’un des nombreux groupes sur Facebook, un groupe dans lequel, ils analysent toute l’actualité surtout politique. Et quand je dis politique, l’un des principaux sujets débattus, est sans contexte celui des marches.

Et loin même de paraître sarcastique, je suis tenté de dire comme dans cette blague qui a fait le tour du monde via Whatsapp, que le Béninois est devenu un marcheur professionnel. Certaines organisations de la société civile ont même leur liste de marcheurs, liste sans cesse renouvelée chaque fois qu’un mouvement s’annonce. Pour nombre de mes compatriotes, c’est cette marche verte historique contre la corruption que notre bon papa a instaurée tout au début de son premier quinquennat qui a montré l’exemple. Et comme le dit si bien l’adage en Afrique, quand tu vis dans un lieu où tout le monde marche sur la tête, ne t’obstine pas à marcher sur les pieds. Et ces mouvements, ce n’est pas seulement dans les grandes villes qu’on les observe. Ne sois nullement surpris que dans un coin perdu comme Pèrèrè ou Wawata au fond du pays, que les populations te convient à te mettre dans les rangs pour marcher. Tu pourras même comme nous avoir une carte de membre, à l’Association béninoise des marcheurs professionnels (je suis prêt à te la délivrer).

Oui, beaucoup me le disent. J’ai tendance à peindre une image négative de mon beau pays. Pas parce que je suis anti patriote, ou que je n’aime pas mon pays! Mais, seulement, c’est ma manière de faire ressortir ce qui va mal dans le pays afin d’amener plus d’un à prendre conscience de son rôle dans la marche pour l’amélioration de la situation.