vendeur ambulantOn les voit un peu partout dans nos villes, dans nos rues et sur nos artères, sachets d’oignons en mains, poussant bon gré mal gré des pousse-pousse, ou encore avec de petites caisses en bois ! Ceux-là, ce sont des expatriés, pour la plupart des maliens, des nigériens, des guinéens, des nigérians, et même des burkinabés. Jamais de béninois. Eh oui ! Ego surdimensionné ou dignité profonde, j’en n’en sais trop rien. Mais au moins, je suis un peu plus formel sur un point : le béninois se trouve très supérieur pour exercer certains métiers, ces même métiers qui font quand même le bonheur de certains étrangers en terre béninoise. Tableau !

 

Le métier de cordonnier

Chez moi au Bénin, nous les appelons « Tchouminka», appellation dérivée de ‘’Shoemaker‘’ que nous avons emprunté à nos frères de l’autre côté de la double frontière, les ghanéens. Autrefois l’apanage de ces derniers, ce métier est devenu depuis quelques années le gagne-pain majeur de nombreux nigériens, nigérians et maliens. Reconnaissables à leurs petites caisses sur laquelle est martelé de façon régulière un bout de bois, ces jeunes arrivent avec leur prestation de services, à glaner à la fin de la journée, une somme assez importante pouvant leur permettre de subvenir à leurs besoins primaires. Issa, un nigérien habitué à venir dans mon quartier, m’a dit un jour que quand la journée n’est pas bonne pour lui, c’est qu’il a gagné environ 3000 fcfa, tandis qu’il lui arrive à avoir jusqu’à 8000 fcfa quand la moisson a été bonne. En moyenne, il gagne de façon régulière entre 5000 et 6000 fcfa par jour, m’avait-il fait comprendre. Pour beaucoup de béninois, c’est un métier qui ne rapporte pas grand-chose, donc pas la peine de s’y aventurer.

 

La restauration de rue

Mon ami et frère Maurice Thantan écrivait il y a quelques mois dans son article intitulé ‘’Chez Diallo : Le fast-food guinéen à Cotonou‘’ que les guinéens sont devenus maîtres dans la restauration de rue au Bénin. On retrouve partout, à chaque coin de rue de Cotonou et de Calavi, leurs bases. Un seul moyen pour les reconnaitre : les couleurs bleu & blanc de leur baraque sur laquelle pend en ornement une banderole sur laquelle on peut lire « Cafétariat ». Dans ces lieux, rien n’est cher. Avec 300 fcfa, tu as déjà commandé un plat de spaghetti, et avec 500 fcfa, un bol de lait caillé, et ce à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit. Coin préféré de beaucoup de béninois, non seulement parce que la bouffe est quantitativement et qualitativement suffisante, mais aussi car ces ‘’cafèt‘’ sont toutes abonnées à Canal Plus International et diffusent toujours les matches de ligues et de championnats européens et étrangers.

D’un autre côté, entre les ivoiriens avec l’attiékè et le bon dèguè, les burkinabés, nigériens et les sénégalais avec les grillades de bœufs et de mouton (communément appelés ‘’Tchantchanga‘’), tu es sûr que ton estomac ne manquera de rien dans les rues béninoises.

 

Le gardien de nuit

Encore un métier où les maliens ont trouvé un certain bonheur : la veille de nuit. Albert, un grand commerçant béninois, me faisait comprendre dans mes enquêtes pour la rédaction de cet article, qu’il préférait des gardiens maliens pour deux raisons : « ils sont moins chères et surveillent bien mes propriétés ». « Il m’arrive très souvent de faire des visites inopinées la nuit dans mes hangars pour voir s’ils les surveillent bien, et rarement, je trouve quelque chose de mauvais à relever. J’avais déjà travaillé avec des béninois, des togolais et des nigériens et j’ai été déçu. Mais avec les maliens, je suis à l’aise », m’expliqua-t-il. Entre eux maliens, ils l’appellent le « watch-malien », la sécurité totale.

Aussi nombreux sont-ils, ces petits métiers que beaucoup de mes compatriotes minimisent quand bien même ils reconnaissent leur utilité dans leur vécu quotidien. Mais, comme le dit le proverbe, ‘’Nul n’est prophète chez soi‘’. Je ne sais pas trop quels petits métiers mes compatriotes exercent au-delà des frontières, mais une chose est sûre, chez nous au Bénin, notre orgueil mal placé nous empêche de voir au-delà de notre petite personnalité.