© Jean-Paul C. LawsonPrès d’un mois après mon retour du Forum des Jeunes de Fada au Burkina-Faso, j’ai décidé de dépeindre ce que j’ai vécu au cours de mon bref séjour en terre des étalons. Aujourd’hui, j’ai décidé de me livrer à un simple jeu de comparaison entre Cotonou et Ouagadougou. Cotonou VS Ouagadougou !

Le culte de l’autorité

Chez nous au Bénin, nous avons l’habitude de vouer un culte sans pareil à l’autorité. Ce qui est totalement le contraire au Burkina. Au Bénin, le ‘’chef‘’ est devenu presqu’une marque déposée. Partout, et surtout dans l’administration publique, le béninois aime conserver « le titre » que lui confère sa fonction, quand bien même il n’exerce plus ladite fonction. Mais lorsqu’il accède à un poste supérieur au précédent, il se démet très rapidement de l’ancien titre au profit du nouveau. Alors qu’au Faso, c’est totalement le contraire. On ne remarque pas de différences entre les administrateurs et les administrés. J’ai vraiment été sidéré par une situation très marquante. J’étais à la fois étonné et émerveillé lorsqu’au cours des différents pauses et cocktails qui ont meublé le forum auquel j’ai participé au Burkina, les maires des communes invitées, les autorités étatiques ne se sont pas éloignés des participants pour se restaurer, bien au contraire, ils se sont mêlés à la horde des jeunes leaders pour partager avec eux ces moments. Vous ne verrez presque jamais pareille chose dans mon pays. Aux séminaires et fora, tellement l’habitude est ancrée dans nos gênes que même si on n’y fait pas expressément allusion, les autorités se démarquent du commun des béninois pour se restaurer.

La mentalité

Au Burkina, comme le disais mon ami Fred, les citoyens sont ‘’free‘’. Le contraire du Béninois, qui est par nature compliqué…Oh que oui, je le dis et je suis formel. Nous sommes par nature difficiles à vivre, toujours nous comportant comme le centre du monde. Et les jeunes filles béninoises, n’en parlons même pas. Elles constituent la définition parfaite de la coquetterie. J’ai même entendu une fois dans Reines d’Afrique de RFI que les Béninoises étaient les femmes les plus coquettes du monde. A Cotonou, nous avons souvent une très haute estime de nous-mêmes et nous l’arborons à travers nos comportements comme si c’était des trophées (même si ce n’est pas le cas chez tout le monde).

L’architecture urbaine

S’il est vrai que les deux villes se modernisent de plus en plus aujourd’hui, Ouagadougou a su puiser dans le style d’habitation traditionnel des tribus du Faso. Il est très courant de voir tout un quartier adopter le même style de construction, comme par exemple, toute une zone réservée aux habitations de type Rez-de-chaussée, ou R+1, etc… A Cotonou par contre, le plan d’urbanisation n’est aucunement structuré, ce qui crée des disparités dans le style d’habitation. Ici, ne soyez jamais étonné de voir une très belle villa à côté d’une bicoque en matériaux précaires. De même, dans la construction des voies de circulation, Ouagadougou est très loin devant Cotonou. J’y ai remarqué de très larges chaussées, des routes bien construites, des couloirs de circulations adaptées à chaque type d’engins, ce qui procure un véritable plaisir à circuler. Or à Cotonou, nos chaussées sont étroites, et les embouteillages assez fréquents, notamment aux heures de pointes.

Les transports

La politique des transports à Ouagadougou est très développée. D’une zone à une autre, le moyen de transport qui s’offre à tous, c’est la voiture. Je me suis vite confronté à la dure réalité de l’inexistence des taxi-motos, principaux moyens de transports à Cotonou. Chez moi, c’est la moto. Pour posséder une voiture, il faut avoir un certain train de vie, ce qui a conduit beaucoup de béninois à plutôt adopter les motos.

L’essence

Cotonou, capitale mondiale du « kpayo ». A Cotonou, il y a plus de vendeurs d’essence frelatée que de stations. A Ouagadougou, c’est tout à fait le contraire, la culture des stations-services est très populaire et très encouragée par les autorités.

 

A bien des égards, la vie à Ouagadougou semble belle et paisible. Même s’il est vrai que j’adore Cotonou, je crois bien que si l’occasion se présentait d’aller vivre chez mon voisin du nord-ouest, je ne la laisserai pas s’échapper !