Lorsque Césaire écrivait son « Cahier d’un retour au pays natal » dans lequel il magnifiait son attachement à sa terre natale, et dans lequel il invitait sans trop discourir entre les lignes les africains de la diaspora à revenir chez eux, travailler pour le développement de leurs États respectifs, je me demande s’il avait bien pris le temps de décrire, avec la plume qu’on lui connaissait, les conditions de ce retour là. Je crois pas… Ou du moins, je n’ai pas vu ça dans son poème… Il ne savait pas sûrement pas que, quand bien même animé de toute la volonté de se mettre au service de son pays, ce n’est pas aussi simple…

Il arrive un moment où dans la vie, l’on a besoin pour diverses raisons, de changer d’environnement, d’aller se faire former, acquérir d’autres connaissances et revenir les mettre en pratique, ou tout simplement de partir car les conditions ici n’étaient plus favorables à l’éclosion de talents ou de compétences. C’était, mon cas. 2 ans durant, j’ai eu l’opportunité d’aller me perfectionner dans ma spécialité, mais aussi de découvrir un univers plus grand et plus passionnant que celui des sciences de l’information documentaire. Sur la terre des pharaons, nichée dans la belle cité jadis fondée par Alexandre le grand,  je suis allé à la rencontre de la richesse du patrimoine mondial. J’ai appris auprès de spécialistes venus du monde entier ce qu’il fallait faire pour que le patrimoine puisse contribuer au développement d’une nation, et le plus intéressant dans l’histoire, c’était des choses qui ne nécessitaient pas forcément de grands moyens, mais surtout la volonté de faire et de bien faire, pour le bien de tous, de la communauté, comme dirait l’autre, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Et bien, voilà qu’avec tous les projets qui trottent dans mon esprit et que je suis entrain d’accoucher noir sur blanc, je me confronte à la dure réalité de chez moi, mon pays. Électricité disponible 6h/24h, Connexion Internet chère mais qui s’épuise comme si l’on la buvait au goulot. Et quand tu t’amuses à écrire aux services publics par mail et qu’après 3 jours tu n’obtiens aucune réponse, tu te demandes si c’est toi qui ne comprend plus langue de Molière ou si ce sont les questions que tu poses qui ne sont pas bien libellées ! Quand tu appelles les services de l’administration publique chargés de te fournir un certain nombre d’informations sur des démarches à entreprendre pour réaliser des travaux, personne au bout du fil. Et quand tu fais toi même le déplacement pour t’y rendre, c’est la fameuse phrase « il/elle s’est levé(e) » qui t’accueille et te souhaite la bienvenue. Après analyse, tu comprends pourquoi nombre de personnes préfèrent travailler dans l’informel…

Mais bon, ça ne sert à rien de se plaindre tout haut… Si en deux ans d’absence les mentalités n’ont pas changé, on y peut rien.. On ne peut que composer avec et faire de notre mieux. Ça ira, inchallah! (comme le dirait l’autre…bienvenue au #229)…