Hier soir durant le dîner, mon oncle m’a proposé de fêter Nonvitcha avec la communauté Togolaise ici à Paris. De prime abord, l’idée m’a paru géniale. Mais, par la suite, une série d’interrogations a commencé à faire travailler ma matière grise. Mais avant d’y revenir, laissez-moi vous dire ce qu’est Nonvitcha !

Nonvitcha : Frères & Sœurs, ensemble !

En dialecte mina, langue couramment parlé sur la côte ouest africaine (Bénin-Togo-Ghana), « Nonvi » signifie ‘’Frères‘’, et « Tcha », ‘’Ensemble‘’. Nonvitcha veut donc littéralement signifier ‘’Frères Unis‘’. Nonvitcha est une rencontre annuelle et culturelle des peuples Xwla et Xwéla qui vise à renforcer les liens entre les populations des régions  côtières de ces pays. Mais, au-delà de ce régionalisme côtier, c’est une fête qui s’est généralisée, de sorte que les participants viennent de tous les coins et recoins de nos pays, et surtout de la diaspora. Chez moi au Bénin par exemple, nous avons choisi depuis plusieurs décennies de célébrer cette fête le jour de pentecôte reconnu dans le christianisme comme le jour de la descente de l’esprit saint. C’est devenu une fête et ce jour là, on communie, on rit, on se pardonne les rancœurs, bref, on s’enjaille, comme le disent les ivoiriens.

Nonvitcha 2016 à Paris !

Revenons donc à nos moutons. Comment je vais fêter Nonvitcha ici à Panam ? Sans mentir, je ne sais pas trop encore. Es ce que ça sera comme chez nous au pays, débardeur sur le torse, pagne noué à la centure, et serviette ‘’de respect‘’ au cou ? Ou ce sera encore à la mode parisienne (T-shirt, Jean, et basket au pied) ! Qu’allons-nous manger ? Des mets passés au four ou de la bonne cuisine comme nos grands-mères savent le faire avec charbon de bois et tout ce qui va avec (les écolos ne seront pas contents, mais tant pis !)? Qui sait peut être même que je devrais faire le programme d’y aller avec mon ami ‘’ Mr En effet ‘’. Avec lui au moins, dépaysement ne sera pas au RDV. On va leur montrer un échantillon de comment nous les béninois nous fêtons çà. On leur montrera comment aller à Grand-popo depuis Paris. On rappelera à ceux qui l’on oublié, ce que mon grand-oncle Vickey disait dans son célèbre « Adowè« . Dans tous les cas, j’espère vivement qu’il vont apporter du bon Ablo, et du gboman déssi, ou encore de la bonne sauce blokoto, comme je l’aime tant… Sinon, moi même je prendrai le fourneau pour leur rappeler que c’est pas parce qu’ils vivent à Mbengué que le patrimoine culinaire d’où ils viennent, il doivent l’oublier, surtout que cette année, c’est la 95ème édition de notre fête.

Ce qui est sûr, que j’en sois satisfait ou remboursé, dès mon retour au pays, je prendrai ceux qui sont prêts, et direction Grand-Popo… On ira refêter notre Nonvitcha, comme on sait si bien le faire chez nous au 229.

Invitation donc à tous…

PS: Merci à Mr En effet qui ma inspiré cet article!