Je me rappelle de cette phrase qu’un professeur m’avait dite un jour en salle de cours : « Une fois à Paris, ne fait pas l’étranger. Prends une bonne inspiration et avance. Paris va vite ! ». Ce jour là, je ne comprenais pas vraiment le fond de sa pensée. Il a fallu que je sois confronté à la réalité pour m’en rendre compte. A mille lieux de mon petit chez douillet, la vie parisienne est loin devant. Ici, c’est comme le disent les américains : ‘’Time is money ‘’. Une semaine à Paris, il n’en faut pas plus pour se rendre compte du fossé qui sépare mes deux mondes. L’Afrique nonchalente, passive, où tout roule au ralenti. Ici, c’est comme Dieretou l’a dit : « c’est un fait de notoriété publique que les Parisiens sont toujours pressés, qu’ils courent toujours d’un coin à un autre, qu’ils ont en obsession d’arriver en retard ».

Habitué à cette socialisation qui fait qu’un africain préférera toujours la chaleur familiale à la vie solitaire du parisien lambda, j’ai appris très tôt le sens du « chacun pour soi, Dieu le pousse ». C’est comme il y a trois jours de ça, je suis sorti avec un ami camerounais. On avait décidé de faire la trilogie Bastille-Place de la république-Notre Dame de Paris. Et une fois le triangle effectué, on avait un petit creux. Même s’il est vrai que la géolocalisation marchait, pour un gaou à Paris, s’orienter, ce n’est pas la chose du monde la mieux partagée. Bref, on cherchait un petit Burger King, histoire de comparer la version française de la chose à celle égyptienne à laquelle nous étions habitués. Et, à nous de demander un renseignement à un groupe de jeunes parisiennes qui passaient ! Mais mince alors, c’était la plus grosse erreur qu’il nous ait fallu de faire sur les 100 dernières années (même si on n’était pas encore né). Si vous voyez la manière dont elles nous ont regardés puis se sont éloignés, c’était sans nul doute pour nous dire : ‘’Eh les gars-ci, retournez dans votre pays au lieu de venir faire la manche ici‘’. J’ai eu envie de leur coller une de ces g*****. Mais bon, je m’en suis retenu. Comme le dirait l’autre, on répond à l’********* par le silence.

S’il y a aussi quelque chose que les français en général et les parisiens en particulier savent faire mieux que les africains, c’est se vendre. Je me rappelle les nombreuses choses que j’entendais sur Paris depuis ma tendre enfance. Paris est ceci… La France est cela… C’est vrai que sur certains points, Mbengué et Panam sont en avance. Mais quand même, c’est les mêmes réalités de souffrance et d’inégalités sociales qu’il y a chez moi qu’on retrouve par ici.  Aussi, s’acclimater à la vie parisienne, c’est pas facile. Mais au moins, ce n’est pas comme en Egypte où tout est écrit en arabe et où le principe de l’ingérence dans les affaires d’autrui est le mot d’ordre. Ici, tout est écrit, tout est droit et tout est respecté à la virgule près. Ce n’est pas aussi comme chez nous où chacun fait ce qu’il veut sans un contrôle des autorités publiques. Quand on dit que la France est un pays libre, c’est juste pour confirmer les dires selon lesquels la liberté des uns s’arrête là où commence celles des autres. En tout cas, ce que je retiens après cette première semaine parisienne, c’est qu’il faut faire attention par ici, si l’on ne veut pas se faire gaoutiser par cette ville à 200 à l’heure.