D’aucun ne l’attendait à ce niveau de la course. Mais, il a pourtant déjoué tous les pronostics. Celui qui il y a quelques années encore était inconnu du grand public béninois, vient de se hisser à la Marina. Vainqueur au second tour des élections présidentielles par une large victoire (selon les résultats proclamés par la CENA), Patrice Talon a battu à plate couture, comme le dirait un ami, le « candidat de la France », son challenger Lionel Zinsou. Un nouveau coup de théâtre dans l’univers politique du Bénin et de l’Afrique.

Celui dont la souche d’acte de naissance a de la façon la plus spectaculaire possible, disparu à moins d’un an des élections présidentielles, n’a pas tremblé un seul instant au début du mois de Novembre 2015 lorsqu’il annonçait officiellement sur les antennes des chaînes de TV, vouloir se présenter aux élections présidentielles. L’homme d’affaires, ‘le cotonnier’, comme le surnomme certains de ses compatriotes, est le nouveau commandant du navire BENIN, un navire qu’il connaît un peu trop bien. Exilé durant 3 ans en France, et tour à tour accusé d’avoir voulu empoisonner puis renverser le président sortant, c’est avec force et admiration que le natif de Ouidah, a démontré au monde entier qu’il était un acteur incontournable de la politique chez lui, au 229. A 57 ans, et souvent doigté comme l’argentier de nombreux présidents, notamment de son prédécesseur le Dr Thomas B. YAYI, c’est comme dirait-on, le faiseur de roi devenu roi.

Devant lui, de nombreux défis : réformes de l’administration, lutte contre la corruption, le favoritisme et le népotisme, création d’emploi pour la jeunesse, recherche inlassable de la cohésion et de l’unité nationales ; la liste est trop longue. Mon seul souhait, c’est qu’il prenne la mesure de la tâche qui lui incombe, car les béninois attendent beaucoup de lui. Aussi, devra-t-il mettre à profit ses relations dans le monde des affaires pour une véritable relance de l’économie béninoise. Il en va de la réussite de son quinquennat.