Bienvenue en Égypte, terre des pharaons!!! S’il y a bien une chose sur laquelle je peux être formel, c’est que l’Egyptien est une locomotive ambulante. Partout, quel que soit l’endroit, le moment, tel un chien pour l’homme, les meilleur compagnons de l’Egyptien, c’est le café et la chicha ! A Alexandrie où j’habite depuis quelques semaines maintenant, c’est un véritable dogme. Et ça, personne n’y échappe : petits, grands, hommes et femmes. Dans la rue, jamais vous ne marcherez sans sentir cette odeur de fumée de cigarette, si déconcertante pour de nombreux étrangers comme moi. Un matin, en allant aux cours, blotti contre l’une des vitres du bus qui assurait mon transport, je me suis amusé à compter le nombre de salons de café qui séparent ma résidence de l’université. La distance, longue d’une trentaine de kilomètres, je me suis retrouvé avec exactement 187 cafés, tous situés le long de la corniche de la ville historique. Ici, ce n’est pas comme dans mon pays. Il y a moins de restaurants et de fast-food et plus de salons de café-chicha qu’à Cotonou.

Une série de questions m’a alors titillé l’esprit, me laissant du coup, perplexe. N’y a-t-il pas de législation pour lutter contre le tabagisme dans le pays ? Comment cela se fait-il que des jeunes d’à peine 13-14 ans fument des paquets de cigarettes dans un laps de temps comparable à un marathon olympique ? Les campagnes publicitaires de sensibilisation contre les méfaits du café et du tabac sur la santé n’existent-il pas dans ce coin du globe ? Pourquoi en Égypte, malgré le nombre de fumeurs, le taux de mortalité dû au tabagisme reste relativement, l’un des plus faibles d’Afrique? et beaucoup d’autres interrogations… Un soir, au cours d’une visite du bailleur de mon appartement, j’ai poussé ma curiosité et lui ai demandé : « Pourquoi les Egyptiens fument autant ? » Dans son françarabe, tout ce qu’il a pu me donner comme réponse, c’est que les Egyptiens sont à près de 80 % musulmans, et l’alcool est interdit aux musulmans par le Coran. Or étant donné qu’ils ont besoin de chaleur, notamment en période hivernale, ils se rabattent sur le café, la cigarette et la chicha. Je lui ai demandé ensuite s’ils étaient quand même conscients que le tabac tue. Et sa réponse m’a fait tomber des nues : « l’Egyptien n’a pas peur des armes, ce n’est pas de la cigarette qu’il aura peur ». Après analyses, je me suis donc dit que l’habitude étant une seconde nature, ce n’est pas aujourd’hui que cela changera.

En partant, il m’a dit une phrase : « Si vous êtes amateurs de café et de chicha, ne manquez jamais de visiter l’Egypte ». Car, si pour Descartes, c’est le bon sens qui est la chose du monde la mieux partagée, pour l’Egyptien, c’est plutôt le café et la chicha qui répondent à ce critère, surtout le café Made in Egypt.