Descartes affirmait dans son Discours de la Méthode que : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Moi je dirais plutôt que c’est « La connaissance qui est la chose du monde la mieux partagée ». Et pour soutenir ma thèse, je prendrai exemple sur le projet Soha.

 Le projet Soha : qu’est-ce que c’est ?

Né de l’ambition de créer un réseau ayant pour objectif la construction et le partage de la connaissance, la Science ouverte en Haïti et en Afrique francophone (Soha) est un projet scientifique qui repose sur deux bases fondamentales : la connaissance et l’action. Connaissance dans la mesure où la science ouverte peut être « un outil d’empowerment et de justice cognitive pour Haïti et les pays d’Afrique francophone ». L’action, elle, s’inscrit dans la droite ligne de l’expérimentation de la science ouverte dans les universités et centres de recherche. Œuvre des professeures Florence Piron et de Diéyi Diouf, le projet met à la disposition de toute la communauté universitaire des pays du Sud et du Nord, un ensemble de ressources et d’activités visant à lever les barrières-obstacles à l’adoption des valeurs, des pratiques et des outils de la science ouverte dans les universités d’Haïti et d’Afrique francophone.

Le projet Soha est donc une initiative – qui se veut internationale – à travers laquelle étudiants, enseignants, chercheurs, hommes et femmes, pourront réfléchir et travailler sur la science ouverte, la construction et le partage du savoir sous toutes ses formes.

 Un ensemble d’outils et de ressources efficaces pour construire et partager le savoir

Science ouverte, c’est la connaissance libre. Et quand on parle de libre dans ce siècle du web 2.0, les outils et ressources sont nombreux. Dans le cadre de ce projet, la science ouverte s’opère à travers de nombreuses activités, des enquêtes, un collectif (qui est un réseau social web), une équipe de recherche solide et des publications en ligne. Elle couvre de nombreux thèmes parmi lesquelles, l’archivage en ligne des savoirs locaux, la recherche-action participative, les débats publics sur les grandes questions scientifiques de notre époque, le libre accès à l’information scientifique, le partage et la réutilisation des données de recherche, le big data, le financement de la recherche, etc. Le projet a déjà constitué de nombreuses collections bibliographiques collaboratives grâce au logiciel libre Zotero, collections dont de nombreuses références sont répertoriées sur son site internet. De plus, le projet dispose d’un groupe Facebook et d’un compte Twitter (celui de l’Association science et bien commun) pour interagir avec la communauté universitaire. Preuve que le savoir reste véritablement la chose la mieux partagée au monde.

Soha déjà en marche en Haïti et Afrique francophone

L’une des premières activités organisées dans le cadre du projet Soha fut le colloque sur le thème : La science ouverte et le libre accès dans les universités haïtiennes : état de la situation et propositions. Un colloque qui s’est tenu à Port-au-Prince en Haïti le 27 mars dernier sur la co-organisation du Risoha et de l’Université d’État d’Haïti, les professeures Piron et Diouf ont présenté durant leurs communications le projet Soha, son importance et sa nécessité dans la promotion de l’accès à l’information pour tous. D’un autre côté, les étudiants de 3e et 4e année (Licence et Master) de l’École normale supérieure d’enseignement technique (Enset) de Douala (Cameroun), ont suivi du 15 au 17 avril 2015 un séminaire intitulé : Le « Libre accès » au service des chercheurs : comment réussir sa recherche à l’ère du numérique ?, au cours duquel Thomas Hervé Mboa Nkoudou a présenté aux étudiants, les principales conclusions du colloque ci-dessus évoqué. Enfin, tout dernièrement, Florence Piron a rencontré le professeur Claude Lishou, coordonnateur du projet de dématérialisation des programmes et activités du Cames pour lui présenter le projet et ses missions, et voir dans quelles mesures une coopération pourra s’établir entre eux et l’institution africaine.

 Participer à Soha : pourquoi pas ?

Sachant qu’une seule hirondelle ne fait le printemps, le projet est ouvert à tout universitaire francophone. Pour devenir membre du collectif Soha, il suffit de remplir ce formulaire ou visiter le site internet du projet.