Il était une fois, un pays nommé Bénin, où les habitants avaient développé certains usages tout à fait particuliers. En effet, ne soyez pas étonnés si vous décidez de passer quelques jours sur le sol béninois. Quelques jours pendant lesquels (j’en suis sûr), vous serez marqués à vie par cette joie de vivre si singulière aux Béninois. Petits, grands, mince ou gros, personne ne s’y  dérobe.

Chez nous au Bénin:

  • C’est hyper dur de faire un régime quand tu vois ta mère cuisiner une bonne sauce de Gbôtà (sauce de tête de mouton). Pour rien au monde on ne raterait ça, l’on ne se fait pas prier pour ce genre chose. Quand bien même tu te sens anorexique, comment te priver de cette merveille gastronomique?
  • A ton anniversaire, tu reçois de l’argent comme cadeau et ta mère te dit : « Donne-moi ça, je vais te le garder », du genre ‘’Banque familiale‘’, un moyen subtil pour te dire que tu n’as pas l’âge d’avoir une certaine somme en ta possession. Ah ça, je l’ai tellement vécu. C’était le kif de ma mère. Chaque fois qu’un de mes oncles ou l’un de ses amis venait à la maison et qu’il nous gratifiait d’un petit billet, c’était la règle de base. Des fois même, elle n’attendait pas son départ pour te dire le dire, toujours sourire aux lèvres, tandis que déjà tu arbores la mine renfrognée. Jusque-là, c’était gérable. Le comble, c’est quand tu viens lui demander quelques pièces pour t’acheter ceci ou cela, et qu’elle te répond qu’elle n’a pas d’argent, tu lui rappelles le don passé et elle te répond, histoire de se débarrasser de toi : « Tout ce que tu as porté depuis ta naissance là, tu sais comment tu l’as obtenu ? » La phrase fétiche des parents béninois pour te faire comprendre que si quelqu’un te donne de l’argent, c’est à cause d’eux…. 🙂
  • C’est plus facile de demander quelque chose quand tu es malade. Si Si, pour l’avoir expérimenté à de nombreuses reprises, je suis certain. Pour nombre de parents béninois, quand un enfant est souffrant, c’est toute la famille qui est souffrante (surtout quand vous n’êtes pas nombreux). Et pour accélérer le processus de rémission, tout est offert. Surtout les confiseries, les sorties et autres… Car dans l’imaginaire collectif béninois, concéder toute demande à un malade (principalement quand c’est un enfant), est un facteur de guérison non négligeable. Des fois, je me demande si les enfants d’aujourd’hui le font encore. En tout cas, moi, j’en ai largement profité. Je ne vous dis pas.
  • Quand tu regardes un film avec ta mère, sur les 1 h 30 que dure le film, elle passe au moins une heure à te demander « c’est qui ça ? » Ou « pourquoi il fait ça ?» C’est à croire que c’est toi le réalisateur ou si c’est toi le rédacteur du synopsis.
  • Le seul moment (notamment en vacances) où il y a du calme à la maison, c’est à 20 h 30 : l’heure des feuilletons. Mais à partir de 21 heures, le vacarme reprend. C’est le moment du décryptage de l’épisode du jour. Les femmes au foyer deviennent automatiquement des expertes-décrypteuses.
  • Tu regardes la télévision avec ton père, 30 minutes après il s’endort, tu prends la télécommande pour zapper et directement, il se réveille et dit : « Remets la chaîne ». Ou quand vous suivez un film où une scène d’amour passe, il te dit à haute et intelligible voix : « Enlève-moi ça ». 🙂

 Enfin, mon préféré,

  • Quand quelqu’un te dit « Au revoir », ne t’inquiète surtout pas. Il est encore prêt à passer 30 bonnes minutes avec toi avant de partir. Tellement, la fraternité est développée chez nous, Béninois. Certains se demandent si ce n’est pas la raison qui a poussé nos anciens à prendre Fraternité – Justice – Travail comme notre devise.

Parfois, ça nous fait rire. Mais au-delà de la simple joie que nous procurent ces moments, ce sont des habitudes qui nous rendent fiers. Fiers d’être comme ça ! C’est ce qui fait de nous de vrais Béninois.

P.S : un petit 😉 à mon amie May-May qui m’a longtemps suggéré d’écrire ce billet. Merci pour ce moment !