Au Bénin, comme dans la plupart des pays africains, nous sommes fortement dépendants de l’extérieur. Notre riz par exemple, ne cherchez pas loin; il vient tout simplement de l’Orient (Népal, Chine, Thaïlande). Nos vêtements, meubles, voitures, et autres biens, viennent de tout aussi bien de la Chine, du vieux continent que du nouveau Monde. Mais, quand nous en parlons et que nous nous plaignons, nos grands frères qui nous dirigent font la sourde oreille. C’est à se demander si ce que nous faisons au Bénin ne mérite pas d’être valorisé. Longtemps, très longtemps même, nous leur avons demandé de cultiver le label ‘’Made in Bénin‘’ pas seulement pour les autres, mais d’abord et surtout pour nous. Notre dépendance est tellement forte qu’une petite inondation en Asie a une incidence financière sur le riz que nous consommons au 229. Mais, la situation que nous vivons aujourd’hui sur la terre de Gbèhanzin, dépasse tout entendement.

Depuis plusieurs semaines maintenant, mon cher pays le Bénin fait face à une crise qui ne dit pas son nom. Cette crise, moi je l’appelle  »la crise des 3 E : Essence – Electricité – Eau ». Depuis l’arrivée de Muhammadu Buhari au pouvoir au pays du Biafra, l’essence a pris un coût. Le prix du litre à la station n’a pas changé, mais étant donné que la plupart des Béninois sont abonnés à l’essence ‘’Kpayô‘’, c’est là que nous ressentons cette flambée. Le litre qui y était à 400 fcfa, se retrouve en quelques jours à 650 fcfa. Et là encore, c’est quand le vendeur est clément pour ne pas pratiquer les prix de ses concurrents (700 fcfa, voire parfois même 750fcfa). Face à cette situation, les quelques stations-services qui existent dans les grandes villes comme Cotonou et Porto-Novo sont très vite prises d’assaut et les files d’attente pour s’approvisionner ne font que s’allonger. Et dans cette psychose générale, au niveau de la SONACOP (Société Nationale de Commercialisation des Produits Pétroliers), celle-là même qui est chargée officiellement de nous approvisionner, c’est un silence de cimetière lorsque vous passez devant à minuit. Aucune station-service de l’instance nationale ne fonctionne.

Un autre point, celui de l’électricité. Ici encore, nous y sommes très dépendants. Au moins cette fois, ce n’est pas avec le Nigéria, mais plutôt avec le Togo et le Ghana. La CEB (Communauté Electrique du Bénin) nous a toujours démontré que nos divers contrats de fourniture de l’électricité avec nos voisins de l’ouest ne tiennent qu’à un bout de fil. Pourtant, nous avons une centrale électrique qui devrait nous soulager, mais cette dernière n’arrive même pas à alimenter le quartier dans lequel il est implanté. Quelle ironie du sort ! Avant, pour permettre à tous de pouvoir au moins avoir de l’électricité pendant les périodes de délestage, la SBEE (Société Béninoise d’Energie Electrique) donnait des indications relatives aux heures de coupures journalières d’une zone à une autre. Mais cette année, elle a pris la ferme résolution de couper ‘’le jus‘’ sans préavis. Ce n’est que quand tu as un groupe électrogène que tu peux te taguer d’être loti à une meilleure enseigne. Et malgré toutes ces coupures, la facture mensuelle reste toujours salée.

Non loin de l’électricité, l’eau aussi dicte sa loi au peuple béninois. Ici au moins, la SONEB (Société Nationale des Eaux du Bénin) ne nous fait pas autant souffrir que sa consœur. On comprend que les travaux d’extension et de réhabilitation du réseau d’eau potable nécessitent des coupures de temps à autre, mais de là à nous priver d’eau pendant des jours, ce n’est pas du tout sérieux. A Cocotomey où je vis par exemple (à 15 kilomètres de Cotonou), les coupures d’eau sont tellement fréquentes qu’il nous arrive de ne pas avoir de l’eau potable une semaine entière. Heureusement dans certains foyers, les forages et les puits prennent le relais. C’est à croire que tout est fait pour irriter le pauvre contribuable béninois.

Combien de temps cela va encore durer ? J’aimerais bien que mon bon papa vienne me répondre. Avec son tout nouveau slogan de propagande, le ‘’Yinwè‘’, on pensait qu’il avait des solutions, mais visiblement c’est silence radio ; lui-même ne sait vraiment plus à quel saint se vouer. Au moins, ces situations nous auraient servi de leçon : le #Yinwè, n’est pas venu pour nous sauver comme Jésus Christ il y a 2000 ans.