Salut cher frère qui vient du pôle Nord !

C’est ton petit cousin qui vit à Cotonou qui t’écrit. Comment te portes-tu ? Bien j’espère. Cette nuit, j’ai rêvé que tu avais décidé de venir passer la Noël avec nous cette année au Bénin. Si c’est le cas, il faut que je te dise que ton unique voyage annuel chez moi cette année risque de t’être long et périlleux. C’est pour cette raison que je t’écris d’avance pour que tu prennes tes précautions. Tu sais, chez moi au Bénin, comme un peu partout en Afrique, nous avons des familles très nombreuses. Donc, ne t’étonne pas si j’utilise beaucoup de termes comme cousin, oncle, frère, et autres tout au long de ma lettre.

Tout d’abord, parlons de toi. Pourquoi te fais-tu toujours appeler « petit papa Noël » ? Ne penses-tu pas que depuis tout ce temps, tu devrais avoir grandi ? En tout cas, moi si. Pour ça, j’ai donc décidé de t’appeler désormais « grand-papa Noël ».

Alors, cher grand-papa noël,

Cette année 2014 a été pour nous au Bénin à la fois belle et tumultueuse, mais aussi et surtout très longue et difficile à vivre. Beaucoup de choses se sont passées.

Tout d’abord, l’année a commencé avec mon bon papa et sa relation mi-figue mi-raisin avec son frère qui selon ses dires a tenté de mettre fin à sa vie. Après avoir pendant des mois tout fait, mais sans succès pour qu’on le rapatrie, il a fini par hisser le drapeau blanc avec mon oncle en question. Il a décidé de lui pardonner et de lui ouvrir à nouveau les portes de nos frontières. Quelques jours plus tard, il a réuni les bailleurs de fonds étrangers à Paris du 17 au 19 juin passé, pour les inviter à investir chez nous. Comme tu le sais si bien, nous aimons faire courir les rumeurs au Bénin. Beaucoup se sont donc demandé si la tenue de cette table ronde n’était pas conditionnée par le drapeau blanc qu’il a quelques jours plus tôt hissé.

Ensuite, nous avons connu plusieurs concours d’entrée à la fonction publique, chacun avec ses hauts et ses bas.

Enfin, quelques cousins à moi ont décidé de jouer dans la dernière saison de la fameuse série « La Lépi ». Malgré l’opposition des anciens du village, ils ont fait à leur tête. Ils devaient livrer la Liste électorale permanente informatisée depuis plusieurs semaines après avoir demandé à maintes reprises des milliards et reporté plusieurs fois la divulgation de cet outil devant nous permettre d’aller à la présidentielle. Mais jusqu’à l’instant où je t’écris, c’est silence radio. Je ne saurais te dire si la Lépi sera prête avant qu’on voie 2015, mais en tout cas, chaque fois que je les vois, je ne cesse de leur dire que, qu’ils la fassent ou pas, mes autres frères et moi irons aux élections en mars 2016. Sais-tu que 8 décembre passé, mon bon papa a organisé un dialogue politique national sur la Lépi et que trois jours plus tard, le 11, alors qu’on fêtait le 24e anniversaire de notre constitution, les forces vives de la nation ont marché dans Cotonou pour réclamer les élections ? En tout cas, on espère qu’ils vont décider comme cela se doit de l’avenir de notre pays.

Cher frère,

Sur d’autres plans, alors qu’Ebola faisait rage dans la sous-région, c’est plutôt son petit frère de même mère qui a fait quelques victimes dans le nord de mon pays : le virus Lassa. Heureusement, lui a été vite maîtrisé. Par ailleurs, ma grande tante n’a malheureusement pas pu être élue directrice de l’OMS pour l’Afrique. Un autre échec pour notre démocratie. Côté Culture, nous avons eu à élire une jolie Miss 2014 et  à commémorer le centenaire de nos Archives nationales. Sais-tu que mon bon papa a décidé de faire plaisir à ses enfants de la culture cette année ? Il a tôt fait de leur accorder deux autres petits cadeaux : le Festival international de théâtre du Bénin et le Salon national du tourisme tout récemment. Côté éducation, il y a eu le 2e forum national sur l’éducation au Bénin. En outre, en prélude à ta venue, mes grands frères de l’hémicycle du côté de Porto-Novo ont voté à près de 100 % le budget de notre pays pour l’année prochaine. Cette année, ils ont décidé d’être sages. Toi aussi, tu n’as pas le droit de nous oublier. Apporte-nous aussi tes cadeaux.

Cher cousin grand-papa Noël,

Moi, personnellement, cette année a été très bonne pour moi, j’ai pu accomplir un certain nombre de choses que j’avais inscrites à mon PTA. J’espère que je ne t’ai pas donné un mauvais aperçu de mon pays. En attendant donc que tes rennes ne te conduisent directement chez moi, je te souhaite d’ores et déjà la bienvenue en terre béninoise.

Ton petit frère depuis Cotonou.

PS : en arrivant, n’oublie pas de porter ton casque, sinon les éléments de mon grand cousin te feront descendre de ton traîneau pour absence de port de casque.